29 novembre 2009

J. M. Heredia, C. D. Friedrich, Debussy

Petite anthologie poétique du dimanche X

   Bonjour, avec dimanche, je reviens ! Voici donc La Conque de José-Maria de Heredia

Par quels froids Océans, depuis combien d'hivers, 
- Qui le saura jamais, Conque frêle et nacrée ! -
La houle sous-marine et les raz de marée 
T'ont-ils roulée au creux de leurs abîmes verts ?

Aujourd'hui, sous le ciel, loin des reflux amers, 
Tu t'es fait un doux lit de l'arène dorée. 
Mais ton espoir est vain. Longue et désespérée, 
En toi gémit toujours la grande voix des mers.

Mon âme est devenue une prison sonore :
Et comme en tes replis pleure et soupire encore 
La plainte du refrain de l'ancienne clameur ;

Ainsi du plus profond de ce coeur trop plein d'Elle, 
Sourde, lente, insensible et pourtant éternelle, 
Gronde en moi l'orageuse et lointaine rumeur.

    Illustré par Le voyageur contemplant une mer de nuage de Caspar David Friedrich :

Fichier:Caspar David Friedrich 032.jpg

  et par La mer de Debussy :

Posté par Anonyme du XXIe à 11:35 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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